(26) Rassemblement pour l’Etat de droit

Date/​heure
12 avril 2025
11h00 – 13h00

Emplacement
Tribunal de Valence
Tribunal
– 🟠 Valence 


Le 31 mars, à l’issue de longues années de pro­cé­dure et d’un débat judi­ciaire contra­dic­toire, le Rassemblement natio­nal ainsi que des élus et des cadres du mou­ve­ment d’extrême droite ont été condam­nés pour détour­ne­ments de fonds publics. Marine Le Pen, qui était pré­si­dente du parti et par­le­men­taire euro­péenne au moment des faits, est la per­sonne la plus lour­de­ment condam­née : 5 ans d’inéligibilité avec exé­cu­tion pro­vi­soire et 4 ans de pri­son, dont 2 avec sursis.

Depuis l’annonce de ce ver­dict qui découle de la seule appli­ca­tion de la loi par des juges indé­pen­dants, le Rassemblement natio­nal a choisi de dénon­cer la déci­sion de jus­tice en des termes aussi abu­sifs que cho­quants. Il a accré­dité l’idée d’un « com­plot » mené par un « gou­ver­ne­ment des juges », s’at­ti­rant ainsi les sou­tiens enthou­siastes des figures mon­diales de l’extrême droite que sont Trump, Musk, Bolsonaro, Poutine, Orban ou Salvini.

Encore plus inquié­tant, ces cri­tiques d’une déci­sion de jus­tice ont été plus lar­ge­ment relayées par des élus et res­pon­sables poli­tiques d’autres par­tis, y com­pris le Premier ministre, et par un grand nombre de médias peu sou­cieux de la réa­lité des faits.

Ces sor­ties ont immé­dia­te­ment entraîné des menaces à l’endroit des magis­trats qui ont rendu leur juge­ment collégialement.

Derrière cette vio­lente attaque contre l’État de droit et les magis­trats qui le servent, se des­sine le refus de ce qu’il implique : un trai­te­ment égal de toutes et tous, per­sonne ne pou­vant récla­mer l’application de pri­vi­lèges liés à sa nais­sance, à son sta­tut social ou à sa noto­riété. Certes, ces attaques qui visent à remettre en cause le fon­de­ment de nos ins­ti­tu­tions pro­tec­trices des droits et de l’égalité devant la loi ne sont pas nou­velles. Mais elles se sont dan­ge­reu­se­ment mul­ti­pliées ces der­nières années.

Fermement atta­chés à l’égalité de toutes et de tous devant la loi, nous sommes néces­sai­re­ment atta­chés à l’État de droit qui devien­drait un concept vide si l’indépendance de la jus­tice n’était pas respectée.

Nous savons éga­le­ment que l’État de droit nous pro­tège d’un autre fléau. Car, garan­tie de l’exercice des droits et des liber­tés fon­da­men­tales, l’État de droit est éga­le­ment ce qui contri­bue à ce que les rela­tions qui se nouent entre les citoyennes et les citoyens ne soient pas aban­don­nées à la vio­lence, à la force, aux pou­voirs sans limites, aux mau­vaises pas­sions mais puissent être régu­lées par des normes juri­diques. A l’heure où les haines racistes et anti­sé­mites, le mas­cu­li­nisme et les offen­sives anti-​IVG ainsi que le mépris des habi­tats natu­rels connaissent une vigueur renou­ve­lée, l’État de droit nous appa­raît d’au­tant plus précieux.

Garantie d’impartialité, de trai­te­ment égal devant la loi et de refus de la vio­lence dans les rela­tions, l’État de droit – indis­so­ciable d’une démo­cra­tie effec­tive et de la pro­tec­tion des droits humains – résonne avec nos convic­tions. Celles qui nous animent lorsque nous refu­sons les injus­tices sociales et envi­ron­ne­men­tales, les racismes, l’antisémitisme, la xéno­pho­bie, le sexisme, les LGBTphobies et toutes les idéo­lo­gies qui visent à faire pri­mer l’exploitation, l’oppression, les haines et les peurs sur le res­pect de toutes et de tous.

Parce que nous défen­dons la démo­cra­tie et les prin­cipes qui la fondent, nous, orga­ni­sa­tions de la société civile, appe­lons toutes celles et tous ceux qui par­tagent ces prin­cipes à expri­mer leur atta­che­ment à la jus­tice et à l’État de droit en se ras­sem­blant le samedi 12 avril 2025 dans toutes les villes de France.

Organisations signataires :

Amnesty inter­na­tio­nal France, Association des Parents et futurs parents Gays et les­biens (APGL), ATTAC, Au Tambour !, Cercle Olympe de Gouges, La Cimade, Collectif Alertes Féministes, Collectif Golem, Collectif natio­nal pour les Droits des Femmes, Comité marche du 23 mai 1998 (CM98), Confédération Générale du Travail (CGT), Coordination 75 des Sans Papiers (CSP75), Démocratie Ouverte, Fédération des Associations Générales Etudiantes (FAGE), Fédération Indépendante Démocratique Lycéenne (FIDL), Fondation Copernic, France Fraternités, France terre d’a­sile, FSU, Greenpeace France, Jalons pour la Paix, Ligue de l’Enseignement, Ligue des Droits de l’Homme (LDH), LOBA, Mouvement contre le Racisme et pour l’Amitié entre les Peuples (MRAP), Nous Toutes, Nos ser­vices publics, Osez le fémi­nisme !, Oxfam France, le Planning Familial, Réseau d’Action contre l’Antisémitisme et tous les Racismes (RAAR), SOS Homophobie, SOS Racisme, Stop Homophobie, Syndicat de la Magistrature, Syndicat des Avocats de France (SAF), Transparency International France, Union Etudiante, Union Maintenant, Union Nationale des Etudiants de France (UNEF), Union syn­di­cale Solidaires.